La disparition de Nirmal « Nimsdai » Purja dans l’avalanche du Broad Peak, au Pakistan, a profondément marqué le Népal et la communauté internationale de l’alpinisme. Quelques jours après la catastrophe, une question s’est imposée dans le débat public. Pourquoi le corps de celui qui avait porté le nom du Népal au sommet des 8 000 mètres n’a-t-il pas été rapatrié dans son pays natal ?
Une tragédie au cœur du Broad Peak
Le 30 juillet, une avalanche frappe la voie située entre le Camp 2 et le Camp 3 du Broad Peak, à environ 6 600 mètres d’altitude. Dix alpinistes sont portés disparus. Parmi eux figurent six Népalais, dont Nirmal Purja, et quatre ressortissants étrangers. Après plusieurs jours d’opérations particulièrement difficiles, les équipes de secours parviennent à récupérer plusieurs dépouilles. Le corps de Nimsdai est finalement transporté jusqu’à Islamabad, avec celui de plusieurs autres victimes.
Mais contrairement à ce que certains attendaient au Népal, il ne prend pas la direction de Katmandou.
Le choix de la famille au centre de la décision
Selon le ministère népalais des Affaires étrangères, le gouvernement ne pouvait pas organiser le rapatriement de la dépouille sans l’accord de la famille. L’épouse de Nimsdai étant britannique et la famille résidant au Royaume-Uni, la décision aurait été prise de transférer le corps en Grande-Bretagne.
Le porte-parole du ministère, Lok Bahadur Paudel Chhetri, a expliqué que les autorités avaient engagé les démarches nécessaires. Cependant aucune demande officielle de la famille n’avait été formulée pour un rapatriement au Népal. Cette position est également défendue par le Département du tourisme, qui affirme que les autorités ne peuvent pas passer outre la volonté des proches.
Un débat qui dépasse la question des funérailles
Cette explication n’a toutefois pas suffi à mettre fin à la polémique. Pour une partie de la population, le Népal aurait dû prendre davantage d’initiative. Cela aurait pu potentiellement permettre d’offrir à Nimsdai un hommage national, même temporaire.
Rajendra Pudasaini, président de la NRNA UK, estime ainsi qu’une proposition officielle du gouvernement aurait pu permettre d’organiser une cérémonie au Népal avant les funérailles britanniques.
Le débat oppose donc deux principes. Le respect des volontés familiales et la reconnaissance nationale d’une figure majeure de l’alpinisme népalais.
Un alpiniste devenu symbole du Népal
Né à Dana, dans le district de Myagdi, Nirmal Purja a servi pendant 16 ans au sein des Gurkhas britanniques avant de se consacrer à l’alpinisme. Son ascension fulgurante a marqué l’histoire de l’Himalaya. En 2019, il réalise l’ascension des 14 sommets de plus de 8 000 mètres en seulement six mois et quelques jours, établissant alors un record mondial.
Au-delà de ses performances, Nimsdai était devenu une véritable vitrine internationale du Népal. Ses expéditions, ses équipes de Sherpas et ses projets avaient contribué à mettre en lumière le savoir-faire des alpinistes népalais.
Une question encore ouverte
Pour ses admirateurs, la question est donc devenue symbolique. Comment un homme qui avait hissé le drapeau népalais sur les plus hauts sommets du monde pouvait-il ne pas recevoir un dernier hommage sur sa terre natale ?
Mais derrière cette émotion se trouve également une réalité plus intime. Il s’agit d’une famille endeuillée qui conserve le droit de décider du lieu et des modalités des funérailles. La controverse ne change rien à l’immense héritage laissé par Nimsdai. Dans les montagnes du Népal comme au-delà de l’Himalaya, son parcours restera associé au courage, à la détermination. Ainsi qu’à l’extraordinaire contribution des alpinistes népalais à l’histoire de la haute montagne.
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