Trois jours après les crues dévastatrices qui ont frappé le nord du Népal, la catastrophe du Bhotekoshi continue de bouleverser des milliers de familles. Selon les chiffres communiqués dimanche soir par les autorités népalaises, 788 corps ont été retrouvés, tandis que 2 502 personnes restent portées disparues. Derrière ces chiffres se trouvent des familles qui parcourent aujourd’hui le pays. Elles passent d’un hôpital à l’autre, d’une morgue à un centre de secours, dans l’espoir d’obtenir enfin une réponse.
Une recherche qui s’étend sur plusieurs districts
Le déluge qui a frappé la vallée du Bhotekoshi a emporté personnes et infrastructures avant de poursuivre sa course vers le Trishuli. Les recherches se sont ainsi étendues bien au-delà de Rasuwa, jusqu’à Nuwakot, Dhading, Chitwan, Nawalparasi, Tanahun et Pokhara.
Pour les proches des disparus, cette géographie transforme la recherche en véritable parcours du combattant. Certains parcourent plusieurs centaines de kilomètres, munis d’une simple photographie de leur père, leur frère, leur conjoint ou leur enfant.
À Pokhara, les autorités ont même vu arriver près de 1 000 personnes par jour à la recherche de membres de leur famille. Les proches consultent les photographies des corps non identifiés, espérant ne pas reconnaître un visage, tout en redoutant précisément ce moment.
2 502 personnes toujours introuvables
Le bilan reste particulièrement préoccupant. Parmi les disparus figurent 933 employés, ingénieurs et travailleurs liés à des projets hydroélectriques. Le secteur, très présent dans les vallées traversées par les cours d’eau, a été durement touché.
Les autorités indiquent également que 592 ressortissants étrangers et 127 Népalais voyageant avec des touristes étrangers sont toujours portés disparus ou restent sans contact. Ces chiffres pourraient toutefois évoluer. Certaines personnes considérées comme disparues pourraient avoir été évacuées sans avoir encore pu contacter leurs proches, tandis que les recherches se poursuivent dans les zones difficiles d’accès.
Des familles confrontées à une attente insoutenable
L’histoire de Ram Budha illustre cette situation. Son frère Praveen, âgé de seulement 20 ans, travaillait dans un projet hydroélectrique à Hakubesi. Après la catastrophe, Ram a tenté de pénétrer dans un tunnel où son frère aurait pu se trouver, mais la boue lui arrivait jusqu’à la poitrine. « J’ai crié le nom de mon frère en espérant qu’il me réponde », raconte-t-il. Aucune réponse.
D’autres familles connaissent la même incertitude. Certaines se regroupent pour rechercher simultanément plusieurs disparus. D’autres publient des photographies sur les réseaux sociaux ou se rendent directement dans les hôpitaux.
Pour les familles les plus éloignées et les plus modestes, ces déplacements représentent également une lourde charge financière.
Le Népal face à une catastrophe nationale
La tragédie du Bhotekoshi dépasse désormais largement la seule région de Rasuwa. Elle mobilise les forces de sécurité, les autorités locales, les équipes médicales et de nombreux acteurs du tourisme. Pour L’Everest Népal, cette catastrophe rappelle également l’importance d’un tourisme responsable et d’une connaissance précise des conditions locales. Nous adressons notre soutien aux familles touchées, aux communautés locales ainsi qu’aux guides, porteurs et voyageurs affectés par les événements. Suivez toutes nos aventures.
Alors que 788 corps ont déjà été retrouvés et que 2 502 personnes restent portées disparues, les recherches continuent. Pour les familles dispersées à travers le Népal, chaque photographie examinée, chaque appel reçu et chaque déplacement représente peut-être la réponse qu’elles attendent.
