Le 26 août 2026, les vallées de Rasuwa ont été frappées par l’une des catastrophes les plus meurtrières de l’histoire récente du Népal. Les crues brutales, provoquées par un enchaînement d’événements liés aux glaciers, aux torrents et aux mouvements de terrain, ont détruit des habitations, des infrastructures et des vies. Derrière les chiffres du bilan humain se trouvent aussi des centaines d’histoires personnelles. Et ce notamment celles d’enfants et de jeunes qui ont perdu une partie de leur famille.
Le témoignage de Shyam Maya Tamang, originaire de Khalte à Rasuwa, illustre cette dimension plus silencieuse de la catastrophe.
Une famille décimée par la catastrophe
Shyam Maya vivait avec sa mère, ses grands-parents, deux oncles, une tante et sa sœur. Après les inondations, plusieurs membres de sa famille ont disparu. L’un de ses oncles travaillait notamment dans un tunnel et reste porté disparu.
À l’école lorsque la catastrophe s’est produite, la jeune fille ne réalisait pas encore l’ampleur du drame. Elle pensait que sa famille avait probablement eu le temps de rejoindre les hauteurs et de se mettre à l’abri. Elle a finalement appris la mort de sa mère en cherchant elle-même des informations auprès des habitants.
« Quand ma mère était là, je pouvais tout lui raconter. Maintenant, je suis la seule fille de la famille et c’est très difficile de parler à quelqu’un. »
Cette disparition a profondément changé son quotidien. Pour elle, la perte n’est pas seulement liée à la destruction de la maison familiale. C’est surtout l’absence de la personne avec laquelle elle pouvait partager ses inquiétudes, ses souvenirs et sa vie quotidienne.
Une maison qui n’existe plus
Après les inondations, Shyam Maya est retournée vers Khalte pour tenter de retrouver son habitation. Elle a parcouru une partie du chemin avant de faire demi-tour et de chercher un autre accès.
Lorsqu’elle est finalement arrivée à proximité de son ancien domicile, la maison avait disparu. Il ne restait pratiquement aucun repère permettant d’identifier l’emplacement exact. Seul un ancien canal d’irrigation lui permettait de comprendre où se trouvait autrefois sa maison.
Cette réalité donne une autre dimension à la catastrophe. Pour certains survivants, ce ne sont pas uniquement des bâtiments qui ont été détruits, mais tout un environnement familier.
Recommencer ailleurs
L’école de Shyam Maya a été épargnée par les eaux, même si la crue est arrivée jusqu’à son entrée. Les élèves ont entendu de violentes explosions et ont dû rejoindre les hauteurs pour se protéger.
Malgré la possibilité de retourner dans son établissement, la jeune fille a choisi de poursuivre sa scolarité à Pipaltar. Pour le moment, retourner dans son ancienne école signifie également revenir dans un lieu associé à la disparition de sa famille.
Son témoignage rappelle que la reconstruction du Népal ne se limitera pas aux routes, aux ponts et aux maisons. Elle devra également permettre aux communautés et aux enfants touchés par la catastrophe de retrouver progressivement un sentiment de sécurité.
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