Le 26 août 2026, l’Himalaya népalais a été frappé par une catastrophe d’une ampleur exceptionnelle. Dans la région de Rasuwa, à proximité de la frontière avec le Tibet, un gigantesque mouvement de glace et de roches a déclenché une coulée dévastatrice dans le système de la Lhende Khola, avant de rejoindre la Bhote Koshi puis la Trishuli. Les conséquences humaines et matérielles ont été considérables, tandis que les scientifiques cherchent encore à comprendre précisément l’origine de cet événement hors norme.
Une énergie comparable à celle d’une explosion nucléaire
Pour Basanta Raj Adhikari, directeur du Centre d’études sur les catastrophes de l’Université Tribhuvan, l’événement se distingue par trois caractéristiques : son volume, l’étendue de la zone touchée et son mécanisme.
« Dans ma carrière de chercheur, je n’ai pas vu d’événement de crue plus important dans l’environnement himalayen », explique le spécialiste des risques géologiques et des inondations.
Ses calculs l’ont conduit à une comparaison particulièrement frappante. L’énergie libérée par la masse de glace et de débris aurait dépassé celle de la bombe atomique larguée sur Hiroshima. Cette comparaison ne signifie évidemment pas que le phénomène était une explosion nucléaire, mais illustre la quantité phénoménale d’énergie générée par la chute et l’accélération de matériaux sur les pentes himalayennes.
L’effondrement d’un glacier à l’origine de la catastrophe
Selon les premières analyses scientifiques, une importante portion suspendue du glacier située sur le versant nord du Lirung Peak, dans la vallée du Langtang, se serait effondrée.
Dibas Shrestha, professeur adjoint au département d’hydrologie et de météorologie de l’Université Tribhuvan, estime que la masse glaciaire aurait chuté sur environ 1 400 mètres. En atteignant les vallées et le réseau fluvial, la glace et les roches se sont transformées en une gigantesque coulée mêlée d’eau et de sédiments.
Le phénomène a ensuite trouvé dans les cours d’eau un véritable corridor naturel. La Lhende Khola rejoint la Bhote Koshi, puis la Trishuli, permettant à la vague de se propager rapidement vers les vallées situées en aval.
Un phénomène encore difficile à expliquer
La cause exacte de l’effondrement reste toutefois inconnue. Les chercheurs évoquent plusieurs hypothèses. Des températures exceptionnellement élevées, une accumulation récente de neige ou l’infiltration d’eau de fonte jusqu’à la base du glacier, pouvant fragiliser sa structure.
Le phénomène présente certaines similitudes avec la catastrophe de Chamoli, en Inde, en 2021. À cette époque, environ 27 millions de mètres cubes de glace et de roches s’étaient détachés du Ronti Peak, provoquant une coulée meurtrière qui avait fait plus de 200 victimes.
Mais l’événement du 26 août au Népal semble avoir atteint une échelle encore supérieure. À la fin du mois, le bilan dépassait 900 morts, tandis qu’environ 4 000 personnes étaient toujours portées disparues des deux côtés de la frontière.
Le changement climatique au cœur des interrogations
Pour Rijan Bhakta, spécialiste des sciences environnementales à Kathmandu University, les températures particulièrement élevées observées en haute montagne pourraient avoir joué un rôle dans l’instabilité du glacier. Le Népal a d’ailleurs réclamé une aide climatique internationale d’urgence.
Cette catastrophe rappelle ainsi une réalité préoccupante. Dans un Himalaya soumis à des transformations rapides, les risques ne se limitent plus aux traditionnelles crues glaciaires. L’effondrement direct de masses glaciaires peut lui aussi générer des événements soudains, extrêmement puissants et difficiles à anticiper.
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